Clap de fin pour les Cagous aux Jeux paralympiques

Après deux semaines de compétitions à Tokyo, la cérémonie de clôtures de Jeux paralympiques s’est déroulée ce dimanche au stade olympique. Les trois Cagous, tous en athlétisme, repartent avec une médaille en bronze : celle de Pierre Fairbank en 800 m fauteuil. Bilan.

Pierre Fairbank : l’inusable champion

Éternel, inarrêtable, inusable… On a l’habitude de se creuser la tête pour trouver de nouveaux qualificatifs pour Pierre Fairbank, tant sa réussite semble sans fin. Vingt-et-un ans après sa médaille d’or lors du 200 m des Jeux de Sydney en 2000, voilà le Cagou de 50 ans à nouveau sur le podium paralympique. Pour sa dernière course au Japon, il s’est offert la médaille de bronze sur le 800 m dans la catégorie T53. Pour sa neuvième médaille en six olympiades, le pensionnaire du pôle France de Nouméa a bouclé le double tour de piste en 1’37’’67. Il n’est devancé que par le phénomène thaïlandais Pongsakorn Paeyo (1’36’’07, record paralympique) et le Canadien Brent Lakatos (1’36’’32). À Tokyo, durant ces Jeux paralympiques, sans public à cause de la pandémie de Covid, le natif de Hienghène a également participé au 100 m et au 200 m plus tôt dans la compétition. Qualifié sans souci en finale, il y a pris la 5e place du 100 m (15’’41) et la 6e du 400 m (50’’00). « Toues les médailles sont dures à gagner. J’avais manqué le 100 m et le 400 m et je voulais vraiment gagner quelque chose pour ma dernière course, racontait Pierre Fairbank après son podium. Là, avoir une médaille, au dernier moment, sous la pluie, c’est particulier ! » Et pour Paris-2024 ? « Peut-être sur le 100 m. Je suis un peu âgé, mais tout est possible (rires). »

Nicolas Brignone : toujours pas de finale

Alors qu’il fait partie des valeurs montantes de l’athlétisme handisport mondial, Nicolas Brignone n’a encore une fois pas réussi à faire partie du club des meilleurs à Tokyo. Engagé sur 100 m, 400 m et 800 m, lui aussi dans la catégorie T53, le coureur de 32 ans a été éliminé à chaque fois en série, comme il y a quatre ans à Rio lors des ses premiers Jeux. Sixième de sa série sur le 100 m avec un chrono de 15’’81, le Nouméen a ensuite pris la cinquième place du 400 m (52’’28) au stade olympique de Tokyo, puis la quatrième du 800 m (1’46’’85). Il avait pourtant le potentiel pour aller chercher bien mieux à Tokyo. Et les raisons de cet échec sont à chercher du côté matériel. « Je n’ai pas réussi à trouver le bon réglage sur mon nouveau fauteuil, déplorait-il. Je m’en veux beaucoup parce que c’est une erreur. J’ai reçu le fauteuil à une semaine de la compétition, après une longue attente, et je n’aurais pas dû l’utiliser. Je pense que j’aurais pu faire des finales sans ça. » Le Cagou donne désormais rendez-vous désormais à Paris dans trois ans pour les Jeux paralympiques de 2024. « Cette fois, j’aurai mon fauteuil bien avant ! »

Thierry Cibone : pas de retour gagnant

C’est l’un des vétérans de l’équipe de France d’athlétisme handisport. Triple médaillé d’or en 2000 à Sydney lors des lancers de sa catégorie F34, l’athlète de Lifou retrouvait le goût des Jeux, neuf ans après ceux de Londres, et après avoir pris sa retraite en 2013 avant d’en sortir en 2015. Mais la marche était un peu trop haute pour Thierry Cibone, 48 ans au Japon. S’il n’y avait pas de lancer de disque pour sa catégorie à Tokyo, le Cagou était présent au javelot et au poids. Neuvième du concours de lancer de javelot, il passe à côté de la compétition avec un jet à 25,68 m. Thierry Cibone relève la tête ensuite au lancer de poids avec un meilleur jet mesuré à 10,34 m, soit sa meilleure performance de l’année. Cela ne suffira malheureusement pas pour briller à Tokyo, puisqu’il termine huitième d’un concours très relevé, où le Jordanien Ahmad Hindi bat le record du monde (12,25 m) et décroche l’or. « C’est une satisfaction d’avoir atteint cette distance, expliquait Thierry Cibone après sa compétition. Aux Europe (en début de saison, NDLR) j’avais fait moins de 10 mètres. J’aurais aimé être sur le podium, c’est sûr, mais je savais que certains de mes adversaires du jour étaient capables de lancer deux mètres plus loin que moi. Donc cette place n’est pas une surprise. » Le Cagou s’est aussi projeté dans le futur « Je vais continuer à me préparer. D’abord pour les Mondiaux qui auront lieu l’année prochaine à Kobé (au Japon) et pourquoi pas ensuite imaginer de prendre ma retraite après les Jeux de Paris en 2024 ! »